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Open letter

Misons sur l’innovation en réponse à l’état critique des routes [French only]

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Les récentes révélations de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, soulignent une situation alarmante concernant l’état des chaussées dans notre province. Avec près de la moitié des routes en mauvais état et un nombre important ayant atteint leur fin de vie, ce constat met en lumière l’urgence d’agir. Le réseau routier québécois nécessite des investissements conséquents afin d’éviter une détérioration accrue et de garantir la sécurité des usagers.

Bien entretenues, les routes ont une durée de vie de plus de 25 ans. Alors, pourquoi avons-nous, année après année, des routes en aussi mauvais état et qui peuvent représenter une menace pour la sécurité des usagers ? Un constat s’impose : la dégradation des chaussées s’intensifie. S’il est primordial de faire rapidement les réparations nécessaires pour assurer la sécurité des usagers de la route, ces interventions superficielles ne sont plus une réponse pertinente en 2023.

De plus, dans un monde où les changements climatiques ont d’ores et déjà des répercussions sur nos infrastructures, nous devons assurer le financement nécessaire au développement de nouvelles technologies. Celles-ci permettront des pratiques innovantes visant la construction de routes résilientes, adaptées à la nouvelle réalité climatique et suivant les principes de l’économie circulaire afin d’en réduire l’impact sur les ressources et l’environnement. 

Prévenir plutôt que guérir

En privilégiant une approche préventive, en investissant plus et mieux dans les ouvrages et en soutenant la recherche de pointe comme celle réalisée à l’École de technologie supérieure (ETS), il est possible d’agir et de construire de manière plus résiliente et durable. Le réseau routier du Canada est le septième en importance au monde et l’entretien de ses chaussées accuse un retard important. Il semble difficile de privilégier des travaux préventifs sur une voie en bon état plutôt que de réparer en profondeur une route en très mauvais état, pourtant, c’est bien ce qu’il faudrait faire. 

L’augmentation des coûts de réparation des chaussées pour les remettre à leur état initial est exponentielle. Attendre une année de plus pour faire des travaux veut dire que le coût de l’intervention risque de doubler, voire de tripler. C’est pourquoi il est plus rentable à long terme de choisir les bonnes solutions, même si elles paraissent plus coûteuses au départ, et d’assurer un entretien de manière stratégique en vue d’augmenter la durée de vie des chaussées.

Analyse de la performance environnementale de nos chaussées

Par ailleurs, au-delà des considérations traditionnelles, nos gouvernements doivent changer leur regard sur le réseau et développer des critères sur la performance environnementale des routes en intégrant des pratiques et des réglementations favorisant l’innovation et l’utilisation de nouvelles technologies. Par exemple, l’intégration de mesures de performance attendues des infrastructures dans les devis de construction contribuerait à stimuler la recherche de solutions et de nouveaux matériaux. 

En s’intéressant aux cycles de vie, il est possible de déterminer si ces innovations répondent véritablement aux objectifs fixés en matière de réduction de l’impact environnemental et d’adaptation aux changements climatiques. C’est en ajoutant des critères de quantité maximale de matériaux neufs, en limitant l’utilisation du bitume et d’autres matériaux non renouvelables, et surtout en analysant la durée et le cycle de vie de ces solutions que nous augmenterons la performance de nos routes. 

Ultimement, nous croyons qu’il faut modifier la manière dont nous les concevons et les entretenons, en misant sur l’innovation pour garantir la qualité du réseau routier et en améliorant le bilan environnemental des chaussées, une démarche qui garantit aussi l’utilisation de solutions durables. C’est d’ailleurs l’engagement qu’a pris l’ETS en mettant sur pied son institut de recherche en résilience et adaptation des infrastructures aux changements climatiques. Il nous faut trouver ensemble des solutions, en travaillant en collaboration avec les ministères, les acteurs industriels et les milieux de la recherche. 

Open letter published on December 1st, 2023 in Le Devoir. Available here.